Je regarde : mon écran d'ordinateur (elle est con cette question)
Je bois : de l'eau
(mis à jour vendredi 14 mars 2008 à 23:52)

18/11/2007

18/11/07 - 01:20

Ca commence aujourd'hui

J’arrive chez moi. J’allume la lumière. Je suis déchiré et sort tout juste d’une demi-heure d’angoisse psychosomatique en bagnole, persuadé que j’allais faire une crise sur la route. Sinon j’ai failli écraser un mouton mais je pense avec le recul que c’était un renard. Pénétrer dans ma piaule est un vrai parcours du combattant. Des fils sont suspendus de partout, attachés aux poutres massives. On dirait une yourte. Différents étages de tentures, de fringues qui sèchent et d’étagères en tissus s’entrecroisent sur toute la hauteur de la pièce. Au sol, des tapis, des pompes, des livres et un matelas. Je suis ici depuis peu de temps, seul, dans l’un des orifices de la France. Il y a quelque mois, je croyais que j’allais me mettre au vert, je me voyais déjà courir des heures durant, en regardant la mer… Rien de tout ça, je passe mon temps à travailler et lorsque je ne travaille pas je suis chez moi à installer des cordages sur les poutres, après je prends des photos, et il est trois heures du matin et je m’endors.
Un an, pour me prouver que je suis un homme libre, que non ça ne me fait pas peur de me faire opérer des dents de sagesse loin de ma mère, que je peux trouver un allumeur tout seul dans une casse pour ne pas payer 900 euros à mon nouveau garagiste, que je suis un artiste accompli et que je terminerais cette sale BD, sans l’aide de personne, sans horaires ni impératifs.
Mais pour l’instant, il faut que je me calme, que je ramasse mon portable qui a volé entre les tentures, que je relève cette lourde plante sur laquelle je viens de me vautrer. Je me sens nul là tout seul dans sa chambre trop froide, surexcité, les doigts pleins de terre.
Je me retrouve à 25 ans à devoir radicalement tout transformer, reprendre des études.
Surtout, ne pas regarder la télé.
J’attend deux minutes et j’allume la télé. Pourquoi est-ce que j'ai récupéré cette télé, après deux ans d'heureuse abstinence...
Par miracle, je tombe sur une belle image. Trois femmes et un train. Les couleurs sont vert-de-gris, les robes marrons et les talons hauts. Je baisse le son et m’installe devant un petit carnet. Je me dis que ce soir, il est important que je trouve une histoire. Je cale ma tête dans un coussin et commence frénétiquement à noircir les contours d’une bouche d’un vieux croquis abandonné en cours de route. Et puis encore une fois, je lache la bouche et commence à écrire : « J’arrive chez moi. J'allume la lumière... » J’enlève mes chaussures en froissant un dessin. Epouses et concubines de Zhang Yimou enchaîne après le Tati (d’où était tiré l’image du train). Puis je me met à décrire mon entrée fracassante chez moi, il y a une demi-heure, tout en fumant, tout en regardant le début du film que j’avais loupé une première fois, en normandie chez ma grand-mère, avec mon ami V. C’était le film parfait à visionner entre sa grand-mère et son pote. Pas de sexe, que des décors superbes et une rigueur historique. Je délaisse le film, une fois que je boucle la boucle avec la scène du chant de la 3e épouse qui est cantatrice, et je baisse le son. Je ne trouverai pas d’histoire ce soir.

commentaires

26/12/07 - 10:44

Bienvenue et bon courage !

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